vendredi 10 novembre 2017

"Ali Ngouille Ndiaye fusible de Macky Sall et son frère"

Ali Ngouille Ndiye Ministre de l'Intérieur et
Sadbou Kébé liveur de PétroTeam Monde
Ce groupe d’activistes fait partie de ceux qui causent du souci aux tenants du pouvoir sénégalais, malgré moult tentatives de les faire taire en envoyant des trolls dans leur live, en signalant leur publications sur facebook…, PetroTeam Monde résiste. Dans cette interview, le groupe via Cheikh Sadbou Kébé le présentateur du direct, explique sans trop se dévoiler, d’où viennent les informations qu’il divulgue, aborde ses relations un peu tendues avec Sonko mais surtout parle de la nomination d’Ali Ngouille Ndiaye actuel ministre de l’Intérieur. Tout serait parti d’une invitation dans le live sur les ressources minières…
Rokia Pédro – Vous êtes taxés d’activistes élitistes aux profils «choisis». Alors, comment avez-vous initié ce groupe et qui sont derrière PetroTeam Monde?
Cheikh Sadbou Kébé – Élitistes ! Je ne crois pas que ce soit le qualificatif qui sied. Le groupe PETRO-TEAM monde est un réseau conçu à la confluence d’activistes disséminés à travers le globe. Nous nous sommes, pour l’essentiel, repérés et appréciés à travers facebook exprimant chacun un point de nourri de rigueur scientifique et intellectuellement engagé envers le parti pris conforme aux attentes des masses populaires. L’idée de la mise en place du groupe émane de Cheikh Sadibou Diop. Mais à Petroteam, il y’a différents profils de militants, des encartés et du pur jus de la société civile. C’est ce qui enrichit les débats internes et rend excitant cette aventure humaine. Il n’y a ni chef, ni subordonnés, seule compte la décision collective, selon un mode de délibération consensuelle.
Rokia Pédro– N’y a-t-il pas plus de politiciens déçus par les partis traditionnels que des activistes muent que par l’intérêt républicain ?
Cheikh Sadbou Kébé – Il y a des politiques autrement dit des intellectuels organiques qui emploient tout le savoir-faire et les compétences acquis tout au long de leur parcours académique, professionnel et social comme moyen de décryptage des enjeux majeurs de la politique nationale et internationale. Si Petroteam est une réaction à l’existant compte tenu de leur mode opératoire et de fonctionnement très caporalisé, disons que nous entendons préfigurer le nouveau leadership. Qui s’articule autour de l’horizontal et du management collégial. Enfin, nous pensons que le régime des partis politiques est, pour l’essentiel, la cause de la faillite répétitive du système qui nous gouverne, voilà près de six décennies. Au demeurant, changer de paradigmes suppose également un facteur subjectif (organisation) de type nouveau, sur ce plan Petroteam est une organisation inédite et révolutionnaire, les initiés et les néophytes partagent un brainstorming quasi quotidien en amont des lives et en aval de leur suivi.
Rokia Pédro – Vous êtes des opposants ?
Cheikh Sadbou Kébé – Oui ! Nous sommes des opposants contre le système de reproduction linéaire de castes qui obère la démocratie quant à sa finalité et l’oligarchie régnante qui le porte, aux antipodes de la République. Nous sommes la génération des plans d’ajustement structurel qui, au prétexte d’une libéralisation des politiques publiques, avec leurs cortèges de privatisation tous azimuts des piliers de notre économie nationale, leurs restrictions budgétaires, bref le fameux moins d’État, mieux d’État de l’époque de Diouf, se sont vus sevrés de tous les minimas sociaux auxquels ont droit les citoyens venant leur État. Nous nous opposons à l’État post colonial, par ailleurs néo colonialiste. Que l’accession à la souveraineté internationale n’a pu enrayer complètement, quoi qu’en disent les oligarques. Notre combat est moins dirigé contre les personnalités qui incarnent les institutions que le système qui en est la matrice.
Rokia Pédro– Le gaz, le pétrole les ressources minières semble être votre zone de confort. Concrètement, à part la dénonciation et le rôle d’alerte que vous jouez, qu’avez-vous eu à proposer pour les problèmes factuels ?
Cheikh Sadbou Kébé – Nous sommes à l’aise sur tous les sujets. Et si vous aviez pris le temps de suivre tous nos lives, vous vous apercevriez qu’il n’y a pas un secteur de la gouvernance qui soit épargné par notre scalpel. Il se trouve que le gouvernement de la deuxième alternance, avec tous ses slogans relatifs à la sobriété et à la vertu, s’est distingué par une incurie innommable, doublée d’un cynisme qui n’a d’égale que le complexe d’infériorité de cette caste vis à vis de l’oligarchie occidentale, notamment sur la question de l’exploitation de nos ressources minières. Vous avez vu que lors des législatives précédentes, nous avions été du moins les rares, sinon les seuls qui exigeaient un plus large rassemblement de l’opposition, alors même que Petroteam n’avait pas de candidat, aux seules fins d’une cohabitation. Cette proposition loin d’être une lubie, répondait à une inférence logique de notre pratique institutionnelle, depuis la loi cadre de 1956 à la dernière réforme constitutionnelle du dernier référendum. On ne peut pas fustiger l’hypertrophie présidentielle dont notre régime politique est le sceau à côté d’une prolifération de partis politiques et de coalitions de partis politiques qui gèrent les ressources à la manière des cartels et prennent en otage la République et les institutions, et ce faisant, invoquer une rupture sans proposer une approche didactique qui corresponde au niveau de conscience de notre peuple, celui-ci étant abusé par un consensus national qui le rend frileux à s’engager dans une révolution. Dès lors, le bénéfice d’une cohabitation aurait été d’implémenter sans fracas le modèle du check and balance cher aux anglo-saxons, qui nous permettrait de restituer un peu au parlement son lustre ainsi que l’esprit de lettre qui préside à sa vocation institutionnelle. Mais le fait d’avoir choisi le nom de Pétroteam, à la consonance similaire au nom du groupe pétrolier qui nous a soustrait notre richesse, crée une confusion dans l’entendement et nous renvoie systématiquement au Pétrole et au Gaz. C’est ainsi que nous le voulons pour que les sénégalais n’oublie pas de sitôt la trahison de ce gouvernement.
Rokia Pédro– Votre live connait un réel succès. Les dossiers dont vous disposez, les informations que vous donnez sont jusque-là pas démenties, d’où est ce qu’elles vous viennent ?
Cheikh Sadbou Kébé – Être activiste suppose d’abord d’avoir conscience de la réalité intrinsèque qui sous-tend le système de la gouvernance à l’échelle du globe, celle-ci étant le bras séculier d’un capitalisme de plus en plus arrogant et agressif contre les droits sociaux et politiques des citoyens du monde, au seul bénéfice des oligarques de la finance mondialisé et des complexes militaro-industriels, dont le mainstream médiatique sert d’instrument de propagande. Dès lors, le travail d’éveil des consciences présuppose une capacité d’investigation, de fouilles et de collecte d’informations, par delà les données rendues disponibles par la recherche scientifique et académique au service de l’idéologie dominante. Le tout n’est pas de disposer de cette masse d’informations brutes, le plus dur est de savoir le mettre en perspective, au regard des enjeux géopolitiques de structure. Tenant compte des intérêts contradictoires qui mettent à rude épreuve la coexistence entre les États, les Multinationales et les Peuples. Et à Petroteam nous avons des banquiers, des ingénieurs tous corps de métier, des sociologues et des journalistes… etc. Une sorte de laboratoire d’intelligence économique à cheval entre la prospective et l’alerte, ou inversement.
Rokia Pédro– Que répondez-vous à ceux qui pensent que vos informations vous viennent de politiciens déchus et aigris ?
Cheikh Sadbou Kébé – Dans l’investigation aucune source n’est négligeable. Nul ne nous a encore pris en défaut dans le travail de veille et d’alerte que nous faisons. Aucun de nos lives n’a servi de tribune à un politique du pouvoir tout comme de l’opposition, tous ceux qui sont venus, à nos lives, ont subi les rigueurs imparables de nos questionnaires. Mieux, nos experts font à chaque live un décryptage sans complaisance, à la suite de toute interview. Le travail que nous nous sommes assigné, par ailleurs, doit, pour rester crédible, être inclusif, participatif, loin de tout sectarisme. C’est pourquoi nous l’avons ouvert aussi bien à Babacar Gaye du PDS qu’au ministre Aly Ngouille Ndiaye,à Y’en à marre, à Bakar Ndiaye ou encore à Cheikh Oumar Diagne, chef de parti, etc. Le sage de Bandiagara, Hampâté Bâ nous enseigne que la vérité est multiple, car elle est une part de l’autre autant qu’une part de moi même. C’est à la lisière de cet interstice que Petroteam place son curseur moral et éthique.
Rokia Pédro– Justement, vous avez invité Ali Ngouille Ndiaye, ministre des mines d’alors, une tribune offerte que le ministre a su tourner en son avantage. Cela aurait contribué en quelque sorte à sa récente nomination promotion en tant que ministre de l’Intérieur. Qu’en dites-vous ?
Cheikh Sadbou Kébé – Nous (rires) promouvoir le ministre des mines ! Non, très sérieusement il a été soumis à des questions dignes de parlementaires sur toutes les zones d’ombres qui enveloppent cette histoire de décret d’attribution d’exploitation de nos ressources pétrolières. Nous lui avons fait avouer sans le dire qu’il a violé, le président Macky avec, le code pétrolier sénégalais. Quant à sa promotion, il nous la doit moins pour avoir établi les manquements notés dans ladite procédure d’attribution des hydrocarbures que le fait d’accepter de couvrir une famille, les frères Sall, et d’être leur fusible. Il ne l’a pas fait qu’avec nous, souvenez-vous de son fameux prix du zircon à moins d’un dollar le kilo. Et on peut en citer des exemples d’hérésies de cet acabit à foison. Pour un aplatissement aussi dirimant, venant d’un ministre de la république, fût ce envers un président de la république, une promotion même primatoriale, ne lui restituerait cette part de dignité, à lui ôtée, dans cette compromission. L’histoire retiendra son nom parmi les faussaires de la bonne gouvernance et complice du plus grand vol.
Rokia Pédro –Et des tentatives de manipulation et de corruption et d’intimidation à votre égard ? Qui a voulu vous faire taire par tous les moyens ?
Cheikh Sadbou Kébé – Le phénomène du live citoyen prend une proportion démesurément démente. À preuve beaucoup ont, en fin de compte, réduit ce travail en une concurrence au nombre de vues, laissant de côté le contenu et le traitement rigoureux des sujets proposés. Mais rien de bien intriguant qui vaille le fouet au chat. Notre société porte encore les stigmates du mimétisme écervelé. Si bien que le buzz est plus prisé que l’éducation des masses, cela crée des rivalités ou des concurrences, telles des courses à l’échalote, vers la notoriété, pour la notoriété. Or, pour nous combattre le système, suppose avant tout de rejeter ses expédients normalisés, nous avons une division du travail qui donne à chacun le rôle qui correspond le mieux à ses aptitudes, Cheikh Saadbou Kebe pour la vitrine ou l’interface du groupe, via le live, les experts pour les décryptages et d’autres pour le travail en sourdine. Sous ce rapport, nous laissons la spéculation et les intrigues aux oiseaux de mauvais augures, qu’ils ne perdent rien pour ourdir tous les complots inimaginables, Petroteam est une organisation indépendante et libre qui entend le rester, quoi que cela nous coûte, puisqu’en définitive notre action s’inscrit dans un continuum historique de combat, prémunie de ce que Marx appelle, dans l’idéologie allemande, de conscience par rapport à l’Histoire. Donc vigilance et lucidité et esprit de dépassement sont le trépied sur lequel repose notre démarche. Alors les attaques et tentatives de musèlement d’où qu’elles proviennent, que ce soit des liveurs, en quête de buzz, ou des institutionnels publics et privés qui, pour moult raisons occultes, craignent l’éblouissement de la lumière que Petroteam projette sur leurs dossiers. Ils peuvent nous dénoncer auprès de facebook, hacker notre live, rien n y ferra ! Nous n’en sommes qu’à notre stade embryonnaire. Qu’ils ne perdent rien pour attendre, nous marcherons sur tous ceux qui complotent contre les intérêts des peuples.
Rokia Pédro – PétroTeam Monde et Ousmane Sonko, font la même chose mais vous ne vous entendriez pas cependant ?
Cheikh Sadbou Kébé – Nous sommes des activistes, quant à Sonko, il est chef de parti politique. Entre lui et nous, il existe une frontière pas totalement étanche, mais tout de même significative. En effet, son irruption dans le champ politique a eu l’effet d’une météorite, ayant même provoqué un séisme d’une forte magnitude, souvenez vous des conditions de sa radiation, et, plus tard de son brûlot tout fraîchement publié, relativement à la question du pétrole et du gaz. Il fait figure d’une compétence technique à laquelle s’ajoute une conscience patriotique. Cela dit, en tant que stratège et politique, il lui reste encore du chemin à parcourir. Sa posture lors des législatives, ainsi que le tranchant de son discours, témoigne de sa naïveté politique. Car aussi petit que puisse être le Sénégal, aussi jeune que puisse être notre nation, nous disposons d’une histoire que nous pourrions remonter à Blaise Diagne, s’agissant de notre expérience en matière de démocratie représentative. Depuis lors, l’électorat sénégalais ne s’est que trop distingué par un conservatisme désopilant, au regard de la disparité entre l’oligarchie politico-maraboutique et l’étendue de la populace misérable, en quête d’amélioration de leur condition de vie. Plutôt que d’enfoncer des portes ouvertes, en de pareille situation, il aurait été préférable d’offrir une raison d’espérer, à l’exclusion de tout esprit de revanche. Nous ne disons pas que Sonko soit revanchard, loin s’en faut. Mais en communication politique, c’est moins le discours à proprement parler qui compte que la perception qui s’entr’aperçoit dans le ton et le phrasé. Toutefois, élu député, ferraillant avec les politiciens blanchis sous le harnais, souhaitons qu’il apprenne à être plus nuancé, moins corrosif, sans corrompre ses valeurs, car comme le dit Hegel, à propos de la figure du destin, les antivaleurs du politique sont fondées par la croyance en des valeurs supérieures. Quant à Petroteam, nous veillons au grain et nous sentons à l’aise dans le travail d’alerte, de prospective et, au besoin, de contre proposition sur tous les sujets d’enjeux majeurs.


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