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| Ali Ngouille Ndiye Ministre de l'Intérieur et Sadbou Kébé liveur de PétroTeam Monde |
Ce groupe d’activistes fait partie de
ceux qui causent du souci aux tenants du pouvoir sénégalais, malgré moult
tentatives de les faire taire en envoyant des trolls dans leur live, en
signalant leur publications sur facebook…, PetroTeam Monde résiste. Dans cette
interview, le groupe via Cheikh Sadbou Kébé le présentateur du direct, explique
sans trop se dévoiler, d’où viennent les informations qu’il divulgue, aborde
ses relations un peu tendues avec Sonko mais surtout parle de la nomination
d’Ali Ngouille Ndiaye actuel ministre de l’Intérieur. Tout serait parti d’une
invitation dans le live sur les ressources minières…
Rokia Pédro – Vous êtes taxés
d’activistes élitistes aux profils «choisis». Alors, comment avez-vous initié
ce groupe et qui sont derrière PetroTeam Monde?
Cheikh Sadbou Kébé – Élitistes ! Je ne crois pas que ce soit le
qualificatif qui sied. Le groupe PETRO-TEAM monde est un réseau conçu à la
confluence d’activistes disséminés à travers le globe. Nous nous sommes, pour
l’essentiel, repérés et appréciés à travers facebook exprimant chacun un point
de nourri de rigueur scientifique et intellectuellement engagé envers le parti
pris conforme aux attentes des masses populaires. L’idée de la mise en place du
groupe émane de Cheikh Sadibou Diop. Mais à Petroteam, il y’a différents
profils de militants, des encartés et du pur jus de la société civile. C’est ce
qui enrichit les débats internes et rend excitant cette aventure humaine. Il
n’y a ni chef, ni subordonnés, seule compte la décision collective, selon un
mode de délibération consensuelle.
Rokia Pédro– N’y
a-t-il pas plus de politiciens déçus par les partis traditionnels que des
activistes muent que par l’intérêt républicain ?
Cheikh Sadbou Kébé – Il y a des politiques autrement dit des
intellectuels organiques qui emploient tout le savoir-faire et les compétences
acquis tout au long de leur parcours académique, professionnel et social comme
moyen de décryptage des enjeux majeurs de la politique nationale et
internationale. Si Petroteam est une réaction à l’existant compte tenu de leur
mode opératoire et de fonctionnement très caporalisé, disons que nous entendons
préfigurer le nouveau leadership. Qui s’articule autour de l’horizontal et du
management collégial. Enfin, nous pensons que le régime des partis politiques
est, pour l’essentiel, la cause de la faillite répétitive du système qui nous
gouverne, voilà près de six décennies. Au demeurant, changer de paradigmes
suppose également un facteur subjectif (organisation) de type nouveau, sur ce
plan Petroteam est une organisation inédite et révolutionnaire, les initiés et
les néophytes partagent un brainstorming quasi quotidien en amont des lives et
en aval de leur suivi.
Rokia Pédro – Vous êtes
des opposants ?
Cheikh Sadbou Kébé – Oui ! Nous sommes des opposants contre le
système de reproduction linéaire de castes qui obère la démocratie quant à sa
finalité et l’oligarchie régnante qui le porte, aux antipodes de la République.
Nous sommes la génération des plans d’ajustement structurel qui, au prétexte
d’une libéralisation des politiques publiques, avec leurs cortèges de
privatisation tous azimuts des piliers de notre économie nationale, leurs
restrictions budgétaires, bref le fameux moins d’État, mieux d’État de l’époque
de Diouf, se sont vus sevrés de tous les minimas sociaux auxquels ont droit les
citoyens venant leur État. Nous nous opposons à l’État post colonial, par
ailleurs néo colonialiste. Que l’accession à la souveraineté internationale n’a
pu enrayer complètement, quoi qu’en disent les oligarques. Notre combat est
moins dirigé contre les personnalités qui incarnent les institutions que le
système qui en est la matrice.
Rokia Pédro– Le gaz,
le pétrole les ressources minières semble être votre zone de confort.
Concrètement, à part la dénonciation et le rôle d’alerte que vous jouez,
qu’avez-vous eu à proposer pour les problèmes factuels ?
Cheikh Sadbou Kébé – Nous sommes à l’aise sur tous les sujets.
Et si vous aviez pris le temps de suivre tous nos lives, vous vous apercevriez
qu’il n’y a pas un secteur de la gouvernance qui soit épargné par notre
scalpel. Il se trouve que le gouvernement de la deuxième alternance, avec tous
ses slogans relatifs à la sobriété et à la vertu, s’est distingué par une
incurie innommable, doublée d’un cynisme qui n’a d’égale que le complexe
d’infériorité de cette caste vis à vis de l’oligarchie occidentale, notamment
sur la question de l’exploitation de nos ressources minières. Vous avez vu que
lors des législatives précédentes, nous avions été du moins les rares, sinon
les seuls qui exigeaient un plus large rassemblement de l’opposition, alors
même que Petroteam n’avait pas de candidat, aux seules fins d’une cohabitation.
Cette proposition loin d’être une lubie, répondait à une inférence logique de
notre pratique institutionnelle, depuis la loi cadre de 1956 à la dernière
réforme constitutionnelle du dernier référendum. On ne peut pas fustiger
l’hypertrophie présidentielle dont notre régime politique est le sceau à côté
d’une prolifération de partis politiques et de coalitions de partis politiques
qui gèrent les ressources à la manière des cartels et prennent en otage la
République et les institutions, et ce faisant, invoquer une rupture sans
proposer une approche didactique qui corresponde au niveau de conscience de
notre peuple, celui-ci étant abusé par un consensus national qui le rend
frileux à s’engager dans une révolution. Dès lors, le bénéfice d’une
cohabitation aurait été d’implémenter sans fracas le modèle du check and
balance cher aux anglo-saxons, qui nous permettrait de restituer un peu au
parlement son lustre ainsi que l’esprit de lettre qui préside à sa vocation
institutionnelle. Mais le fait d’avoir choisi le nom de Pétroteam, à la
consonance similaire au nom du groupe pétrolier qui nous a soustrait notre
richesse, crée une confusion dans l’entendement et nous renvoie
systématiquement au Pétrole et au Gaz. C’est ainsi que nous le voulons pour que
les sénégalais n’oublie pas de sitôt la trahison de ce gouvernement.
Rokia Pédro– Votre
live connait un réel succès. Les dossiers dont vous disposez, les informations
que vous donnez sont jusque-là pas démenties, d’où est ce qu’elles vous
viennent ?
Cheikh Sadbou Kébé – Être activiste suppose d’abord d’avoir
conscience de la réalité intrinsèque qui sous-tend le système de la gouvernance
à l’échelle du globe, celle-ci étant le bras séculier d’un capitalisme de plus
en plus arrogant et agressif contre les droits sociaux et politiques des
citoyens du monde, au seul bénéfice des oligarques de la finance mondialisé et
des complexes militaro-industriels, dont le mainstream médiatique sert
d’instrument de propagande. Dès lors, le travail d’éveil des consciences
présuppose une capacité d’investigation, de fouilles et de collecte
d’informations, par delà les données rendues disponibles par la recherche
scientifique et académique au service de l’idéologie dominante. Le tout n’est
pas de disposer de cette masse d’informations brutes, le plus dur est de savoir
le mettre en perspective, au regard des enjeux géopolitiques de structure.
Tenant compte des intérêts contradictoires qui mettent à rude épreuve la
coexistence entre les États, les Multinationales et les Peuples. Et à Petroteam
nous avons des banquiers, des ingénieurs tous corps de métier, des sociologues
et des journalistes… etc. Une sorte de laboratoire d’intelligence économique à
cheval entre la prospective et l’alerte, ou inversement.
Rokia Pédro– Que
répondez-vous à ceux qui pensent que vos informations vous viennent de
politiciens déchus et aigris ?
Cheikh Sadbou Kébé – Dans l’investigation aucune source n’est
négligeable. Nul ne nous a encore pris en défaut dans le travail de veille et d’alerte
que nous faisons. Aucun de nos lives n’a servi de tribune à un politique du
pouvoir tout comme de l’opposition, tous ceux qui sont venus, à nos lives, ont
subi les rigueurs imparables de nos questionnaires. Mieux, nos experts font à
chaque live un décryptage sans complaisance, à la suite de toute interview. Le
travail que nous nous sommes assigné, par ailleurs, doit, pour rester crédible,
être inclusif, participatif, loin de tout sectarisme. C’est pourquoi nous
l’avons ouvert aussi bien à Babacar Gaye du PDS qu’au ministre Aly Ngouille
Ndiaye,à Y’en à marre, à Bakar Ndiaye ou encore à Cheikh Oumar Diagne, chef de
parti, etc. Le sage de Bandiagara, Hampâté Bâ nous enseigne que la vérité est
multiple, car elle est une part de l’autre autant qu’une part de moi même.
C’est à la lisière de cet interstice que Petroteam place son curseur moral et
éthique.
Rokia Pédro– Justement,
vous avez invité Ali Ngouille Ndiaye, ministre des mines d’alors, une tribune
offerte que le ministre a su tourner en son avantage. Cela aurait contribué en
quelque sorte à sa récente nomination promotion en tant que ministre de
l’Intérieur. Qu’en dites-vous ?
Cheikh Sadbou Kébé – Nous (rires) promouvoir le ministre des
mines ! Non, très sérieusement il a été soumis à des questions dignes de
parlementaires sur toutes les zones d’ombres qui enveloppent cette histoire de
décret d’attribution d’exploitation de nos ressources pétrolières. Nous lui
avons fait avouer sans le dire qu’il a violé, le président Macky avec, le code
pétrolier sénégalais. Quant à sa promotion, il nous la doit moins pour avoir
établi les manquements notés dans ladite procédure d’attribution des
hydrocarbures que le fait d’accepter de couvrir une famille, les frères Sall,
et d’être leur fusible. Il ne l’a pas fait qu’avec nous, souvenez-vous de son
fameux prix du zircon à moins d’un dollar le kilo. Et on peut en citer des
exemples d’hérésies de cet acabit à foison. Pour un aplatissement aussi
dirimant, venant d’un ministre de la république, fût ce envers un président de
la république, une promotion même primatoriale, ne lui restituerait cette part
de dignité, à lui ôtée, dans cette compromission. L’histoire retiendra son nom
parmi les faussaires de la bonne gouvernance et complice du plus grand vol.
Rokia Pédro –Et des
tentatives de manipulation et de corruption et d’intimidation à votre égard ?
Qui a voulu vous faire taire par tous les moyens ?
Cheikh Sadbou Kébé – Le phénomène du live citoyen prend une
proportion démesurément démente. À preuve beaucoup ont, en fin de compte,
réduit ce travail en une concurrence au nombre de vues, laissant de côté le
contenu et le traitement rigoureux des sujets proposés. Mais rien de bien
intriguant qui vaille le fouet au chat. Notre société porte encore les
stigmates du mimétisme écervelé. Si bien que le buzz est plus prisé que
l’éducation des masses, cela crée des rivalités ou des concurrences, telles des
courses à l’échalote, vers la notoriété, pour la notoriété. Or, pour nous
combattre le système, suppose avant tout de rejeter ses expédients normalisés,
nous avons une division du travail qui donne à chacun le rôle qui correspond le
mieux à ses aptitudes, Cheikh Saadbou Kebe pour la vitrine ou l’interface du
groupe, via le live, les experts pour les décryptages et d’autres pour le travail
en sourdine. Sous ce rapport, nous laissons la spéculation et les intrigues aux
oiseaux de mauvais augures, qu’ils ne perdent rien pour ourdir tous les
complots inimaginables, Petroteam est une organisation indépendante et libre
qui entend le rester, quoi que cela nous coûte, puisqu’en définitive notre
action s’inscrit dans un continuum historique de combat, prémunie de ce que
Marx appelle, dans l’idéologie allemande, de conscience par rapport à
l’Histoire. Donc vigilance et lucidité et esprit de dépassement sont le trépied
sur lequel repose notre démarche. Alors les attaques et tentatives de
musèlement d’où qu’elles proviennent, que ce soit des liveurs, en quête de
buzz, ou des institutionnels publics et privés qui, pour moult raisons
occultes, craignent l’éblouissement de la lumière que Petroteam projette sur
leurs dossiers. Ils peuvent nous dénoncer auprès de facebook, hacker notre
live, rien n y ferra ! Nous n’en sommes qu’à notre stade embryonnaire. Qu’ils
ne perdent rien pour attendre, nous marcherons sur tous ceux qui complotent
contre les intérêts des peuples.
Rokia Pédro – PétroTeam Monde et
Ousmane Sonko, font la même chose mais vous ne vous entendriez pas cependant ?
Cheikh Sadbou Kébé – Nous sommes des activistes, quant à Sonko,
il est chef de parti politique. Entre lui et nous, il existe une frontière pas
totalement étanche, mais tout de même significative. En effet, son irruption
dans le champ politique a eu l’effet d’une météorite, ayant même provoqué un
séisme d’une forte magnitude, souvenez vous des conditions de sa radiation, et,
plus tard de son brûlot tout fraîchement publié, relativement à la question du
pétrole et du gaz. Il fait figure d’une compétence technique à laquelle
s’ajoute une conscience patriotique. Cela dit, en tant que stratège et
politique, il lui reste encore du chemin à parcourir. Sa posture lors des
législatives, ainsi que le tranchant de son discours, témoigne de sa naïveté
politique. Car aussi petit que puisse être le Sénégal, aussi jeune que puisse
être notre nation, nous disposons d’une histoire que nous pourrions remonter à
Blaise Diagne, s’agissant de notre expérience en matière de démocratie
représentative. Depuis lors, l’électorat sénégalais ne s’est que trop distingué
par un conservatisme désopilant, au regard de la disparité entre l’oligarchie
politico-maraboutique et l’étendue de la populace misérable, en quête
d’amélioration de leur condition de vie. Plutôt que d’enfoncer des portes
ouvertes, en de pareille situation, il aurait été préférable d’offrir une raison
d’espérer, à l’exclusion de tout esprit de revanche. Nous ne disons pas que
Sonko soit revanchard, loin s’en faut. Mais en communication politique, c’est
moins le discours à proprement parler qui compte que la perception qui
s’entr’aperçoit dans le ton et le phrasé. Toutefois, élu député, ferraillant
avec les politiciens blanchis sous le harnais, souhaitons qu’il apprenne à être
plus nuancé, moins corrosif, sans corrompre ses valeurs, car comme le dit
Hegel, à propos de la figure du destin, les antivaleurs du politique sont
fondées par la croyance en des valeurs supérieures. Quant à Petroteam, nous
veillons au grain et nous sentons à l’aise dans le travail d’alerte, de
prospective et, au besoin, de contre proposition sur tous les sujets d’enjeux
majeurs.

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